Colloque international — "Justice ordinaire et police du quotidien en contexte colonial dans l’empire français (XVIIIe-XXe s.)"
Colloque17-18 septembre 2026
ULille, Campus Pont-de-Bois, Villeneuve d’Ascq
Justice et police sont parfois difficiles à distinguer en contexte colonial, tant ils font figure d’outils interchangeables aux mains d’une administration coloniale caractérisée par le cumul des pouvoirs judiciaire et exécutif. Dans l’empire français, le régime de l’indigénat, dispositif pénal d’exception (Merle, 2004 ; Mann, 2009 ; Merle et Muckle, 2019), est devenu l’exemple paradigmatique de cette confusion des pouvoirs ouvrant la porte à tous les abus. Au-delà de l’indigénat, les « réseaux coercitifs » (Shermann, 2009) ont été étudiés à travers les dispositifs punitifs mis en place dans différents contextes coloniaux (Bernault, 1999 ; Thénault, 2012 ; Piret, 2014 ; Houllemare, 2024). Parallèlement, la notion d’« ordre colonial » a donné lieu à d’importantes publications qui ont mis en évidence non seulement la pluralité des dispositifs – militaires et civils – et des acteurs – autochtones et européens – intervenant dans le maintien de l’ordre, mais aussi les contours spécifiques et paradoxaux que revêt la notion d’ordre en contexte colonial, qui repose sur l’imposition de normes se réclamant d’un processus de « civilisation » mais assure le maintien de la domination coloniale par une « pacification » jamais achevée qui brutalise les sociétés (Blanchard, Deluermoz et Glasman, 2011 ; Blanchard, 2012 ; Denis et Denys, 2012 ; Bat et Courtin, 2012 ; Ginio, 2014). À ces travaux qui font dialoguer spécialistes des forces de l’ordre et nouvelle historiographie des empires coloniaux, il faut ajouter le champ de l’histoire du droit et de la justice où la notion de pluralisme juridique a été mobilisée pour rendre compte de la coexiste nce d’univers normatifs et de systèmes judiciaires différents (coutumier, musulman, colonial), caractéristique des territoires impériaux (Benton, 2004 ; Roberts, 2013)…
Comité scientifique
Emmanuel BLANCHARD, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, Cergy Université
Catherine DENYS, HARTIS, ULille
Marie HOULLEMARE, Université de Genève
Farid LEKÉAL, Centre d’Histoire Judiciaire, ULille
Julie MARQUET, HLLI, ULittoral-Côte d’Opale
Gwénael MURPHY, OIES–Océan Indien : Espaces et Sociétés, Université de La Réunion
Bérengère PIRET, Institut de recherche interdisciplinaire Saint-Louis, Université catholique de Louvain
Isabelle SURUN, HARTIS, ULille, IUF
Sylvie THÉNAULT, Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, CNRS, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Organisé par Isabelle Surun (HARTIS, ULille, IUF)
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