Pôle transversal — Les Antiquités et leurs réceptions

Responsables : Charles Delattre, Chang Ming Peng

        Ce pôle transversal a vocation à être un lieu de dialogue et d’expérimentation : il s’adresse à l’ensemble des membres en proposant de prendre l’Antiquité comme point de départ et d’en faire un outil de prospection transdisciplinaire et diachronique. Il faudrait d’ailleurs parler des Antiquités, tant le terme regroupe un ensemble de références, de thématiques et d’approches variées susceptible d’intéresser toutes les disciplines et les spécialités de recherche au sein de l’unité. Ce pôle transversal offre ainsi le moyen de réfléchir, au cours de la future programmation, à l’identité que nous souhaitons construire dans nos interactions. L’UMR est en effet traversée par des lignes de force qui orientent aussi bien vers des espaces géographiques divers (bassin Méditerranéen, Balkans, Proche et Moyen-Orient, Égypte, Europe du Nord, etc.) que vers des temporalités multiples (temps court / temps long, périodisations, etc.). Interroger ces lignes permet d’appréhender les espaces intellectuels construits dans nos actions de recherche, individuelles et communes. Hybridation, reformulation, revendication ou distanciation sont les termes sur lesquels peut se fonder un dialogue aussi bienveillant qu’égalitaire entre les différents membres de l’unité. 

        Axe 1 : Les sciences de l’Antiquité dans le champ des sciences humaines et sociales 
               Afin d’entamer le dialogue entre chercheuses et chercheurs d’horizons très divers, un premier axe épistémologique propose une réflexion sur certaines notions développées en sciences humaines et sociales (sciences historiques, archéologie, histoire de l’art et des représentations, littérature, anthropologie…) lorsqu’elles affrontent la question des temporalités et des territoires. Il contribue à une histoire des disciplines qui ont fait de l’Antiquité un socle commun de connaissances ou un âge d’or, ou, au contraire, un repoussoir, un épouvantail ou un champ de ruines. Il intègre à ce titre les enjeux contemporains qui mobilisent ces périodes, les fantasment ou les rejettent. L’évolution actuelle des politiques muséales et la gestion des collections en lien avec la question de l’héritage colonial, qu’il s’agisse de l’adopter ou de la rejeter, constituent l’un des aspects les plus brûlants de cette interrogation, qui pourrait se déployer dans un séminaire pluridisciplinaire. 

        Axe 2 : Antiquités en diachronie 
               Un deuxième axe portant sur les Antiquités en diachronie permet de travailler sur des motifs hérités et sur leur « réception », un terme devenu désormais synonyme d’un champ disciplinaire à part entière, en littérature, en histoire, en histoire de l’art et en archéologie. Les Classical reception studies constituent un domaine particulièrement productif, qui interroge la confrontation entre différentes temporalités et différents contextes de réception. Toute Antiquité remobilisée est bien sûr rêvée et fondue dans des enjeux culturels, sociaux et politiques qui la redéfinissent et la réinterprètent, qu’il s’agisse de construire un classicisme ou de revendiquer des formes nouvelles d’identité. Il s’agit ici de multiplier le champ des perceptions et des définitions possibles des Antiquités, dans un dialogue avec chaque époque et chaque discipline. Un enjeu connexe important porte sur le rôle que jouent nos propres stratégies de valorisation dans la diffusion des connaissances sur l’Antiquité : comment le savoir universitaire contemporain s’articule-t-il aux représentations culturelles partagées ? Cette question fait d’ailleurs l’objet d’un séminaire pluridisciplinaire de l’ED SHS, « Réception de l’Antiquité », qui existe depuis plus de dix ans. 

        Axe 3 : Documenter les Antiquités 
               Ce troisième axe concerne les processus documentaires qui donnent accès à l’Antiquité, en lien avec les institutions qui les soutiennent. Il interroge de façon diachronique aussi bien l’histoire des documents, leur matérialité et leur corruption, leur sauvegarde et leur archivage, que les réseaux socio-économiques et les procédures qui les sous-tendent, dans les sociétés anciennes, médiévales, modernes et contemporaines. Bibliothèques, musées (Palais des Beaux-Arts de Lille, Musée des Beaux-Arts de Cambrai, Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, etc.), lieux d’enseignement, de transmission et de valorisation, formels et informels (y compris les réseaux sociaux) sont ici concernés. Quel public pour quelles Antiquités ? Quelles voies d’accès et à quel prix ? L’axe contribue à une réflexion sur les enjeux mémoriels concernant l’Antiquité sur le plan de la documentation, de la transmission et de l’archivage, en complémentarité avec d’autres procédures qui relèvent des communautés mémorielles immatérielles.