Programmes en cours

HARTIS favorise l'émergence de programmes de recherche fédératifs, transversaux et ouverts à la pluridisciplinarité par des collaborations accrues avec les partenaires des universités régionales et de l'eurorégion, des conventions avec des instituts français et européens et des universités étrangères européennes et nord-américaine.
L'unité poursuit sa politique d'information et de veille systématiques sur les divers appels projets et favorise les réponses à ceux qui correspondent à ses thématiques et aux programmes émergents (ANR, Programmes collaboratifs européens, ERC…).
Les programmes présentés ici sont en cours depuis 2024.

ANR -> 01/10/2023–31/12/2026

Responsable : Yves Gallet (UMR 5607 UBordeaux Montaigne)
Partenaire : Élise Baillieul (HARTIS)

Comment les architectes des cathédrales gothiques ont-ils réussi à construire des voûtes toujours plus hautes ? Comment sont-ils parvenus, en l’espace d’une génération, à passer d’une hauteur d’environ 24 m pour les plus grandes cathédrales des années 1130-1150, à une hauteur de 32 m à Notre-Dame de Paris, entreprise aux alentours de 1160 ? Et comment ont-ils, ensuite, hissé leurs voûtes à 36 m à la cathédrale de Chartres, 37 m à Bourges, 39 à Reims, 43 à Amiens, et jusqu’à 48 m à Beauvais vers 1260-1270 ?
Les historiens de l’architecture médiévale ont depuis longtemps constaté la réalité de cette conquête de la hauteur, véritable colonne vertébrale de l’aventure des cathédrales gothiques jusqu’en plein XIIIe siècle. Cependant, ils peinent encore à expliquer les procédés techniques et architecturaux qui l’ont rendue possible.
Jusqu’à ces dernières années, en effet, la construction et le fonctionnement des voûtes des cathédrales gothiques restaient mal connus, en l’absence de modèles numériques permettant de simuler avec précision le comportement mécanique de structures maçonnées complexes, et en l’absence aussi de données matérielles consistantes : si, par le passé, ces cathédrales ont fait l’objet de nombreuses études formelles et stylistiques, elles ont rarement été abordées dans la matérialité de leur construction, sinon à l’occasion de chantiers de restauration accompagnés d’une étude archéologique du bâti.
De nombreuses questions restent ainsi en suspens. Y a-t-il une corrélation entre la plus grande hauteur des voûtes de Notre-Dame et leur extrême minceur ? Le progrès est-il plutôt dû au choix de matériaux plus adaptés ? Résulte-t-il de la mise au point d’arcs-boutants performants, ou d’autres facteurs ?...
L’incendie survenu à Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 et le chantier de restauration qui s’est ouvert ont replacé au coeur de l’actualité cette question des voûtes des grandes cathédrales gothiques : l’événement a de nouveau attiré l’attention sur la prouesse architecturale qu’elles représentaient, mais aussi sur la fragilité de ces structures et sur leur valeur patrimoniale. L’attente sociétale a imposé avec force cette question dans l’agenda des scientifiques qui étudient aujourd’hui Notre-Dame, comme dans les priorités des architectes chargés de sa restauration.
Le Chantier scientifique lancé par le CNRS et le Ministère de la Culture (MC) en parallèle à la restauration offre une opportunité unique d’accès au coeur des structures de la cathédrale, et a permis d’engager des investigations d’une ampleur et d’une précision inédites : c’est ce contexte qui invite, en s’appuyant sur le cas de Notre-Dame, à revenir sur la quête de la hauteur dans l’architecture gothique des XIIe-XIIIe siècles. C’est l’objectif que se fixent les chercheurs réunis au sein du projet ALTIOR, projet dont la force est d’allier SHS, Sciences pour l’Ingénieur (SPI) et sciences du numérique sur la base des technologies les plus avancées.

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Reseau Jean Monnet, Erasmus+ -> 01/12/2023—31/12/2026

Responsable : Alexandra Yatsyk, doctorante

The project HER-UKR: Challenges and opportunities for EU heritage diplomacy in Ukraine will address the role of cultural heritage in the EU’s external action. A consortium of 15 universities will bring together interdisciplinary expertise on EU foreign policy, Eastern European memory politics and heritage practices. HER-UKR aims to explore the potential of the EU as a values based actor in heritage policies by focusing on three subtopics:
1) EU cultural heritage diplomacy for promoting democracy and European values;
2) conflict prevention with focus on contested heritage;
3) protection and reconstruction of heritage.

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RESEARCH PROGRAM International Research Network COUNT => 2023-2027

Responsable : Béatrice Touchelay

Le réseau envisagé est sans précédent. Il se situe à l’intersection de l’histoire de la quantification et de celle de l’Afrique francophone de la période coloniale et postcoloniale.
Il vise à mobiliser les travaux de ses différents partenaires qui, spécialistes d’histoire économique et sociale en France, au Cameroun, à Madagascar et au Sénégal utilisent les statistiques sans s’interroger systématiquement sur leurs fabrications, leurs usages ou leurs limites. Le projet s’engage dans deux voies déjà balisées, la socio histoire de la quantification et l’histoire de la colonisation et de ses héritages, mais il est original lorsqu’il entend croiser ces perspectives. En effet, à quelques exceptions près et jusqu’à la période récente, la socio-histoire de la
quantification ne s’est pas beaucoup préoccupée des situations coloniales et post coloniales, ni des empires, tandis que les histoires de la colonisation et des indépendances ont négligé les
statistiques, jugées trompeuses ou allusives. Le projet consiste à susciter un regard critique sur ces chiffres, qui, « bons » ou « mauvais », existent en nombre et méritent d’être analysés
pour nous informer des intentions de leurs commanditaires, du contexte et des conditions de leur production, de leurs auteurs et des ressources qu’ils ont mobilisées, de leurs usages et de leur réception. Il s’agit d'acérer les regards des historiens camerounais, sénégalais, malgaches et français du réseau sur les statistiques qu’ils utilisent, de les inviter à les « décortiquer » en
mobilisant l’analyse critique pour savoir ce que ces chiffres, les classements et les catégories qu’ils génèrent nous apprennent des sociétés coloniales et postcoloniales d’Afrique francophone, de leurs rapports avec la métropole et de ses héritages. La diversité et la richesse culturelle des institutions impliquées, les apports de l’école historique de Dakar (Iniesta, 2002)1 par exemple, l’importance des effectifs étudiants des facultés d’histoire d’Antananarivo, de Dschang et de Dakar, permettent d’envisager l’intégration rapide de jeunes doctorants dans le réseau et la formation d’une école critique de la quantification en Afrique francophone qui mettrait en évidence la spécificité des statistiques dans les sociétés africaines. La capacité du réseau à envisager dès l’origine les conditions de son élargissement, sa volonté de s’ouvrir à la pluridisciplinarité et de développer les comparaisons avec les anciens protectorats français
d’Afrique du Nord pour s’inspirer de l’étude de Béatrice Hibou et Mohamed Tozy (Hibou et Tozy, 2020), qui examine le rôle des intermédiaires (du moqaddem en particulier) et souligne
l’importance des statistiques dans l’organisation du contrôle politique et social du Maroc contemporain, est un gage de son dynamisme.

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ANR -> 01/10/2021–30/09/2026

Responsable : Béatrice Touchelay

À travers l’étude de la fabrication et des usages des chiffres comptables et des statistiques économiques produits par les administrations coloniales (El-Machat, 2009) et par les entreprises dans l’Afrique sous domination française (départements algériens, protectorats d’Afrique du Nord, territoires sous mandat et colonies) entre le début de la conquête de l’Algérie (début XIXe siècle) et les indépendances (années 1960), le projet entend pointer les spécificités des chiffres coloniaux (produits par les autorités coloniales et qui informent sur les flux et les ressources disponibles), pour interroger la place de l’État et celle de la quantification dans le processus de colonisation.  

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Agence Universitaire de la Francophonie–Programme IntenSciF => 2024-2026

Responsable : Béatrice Touchelay

Le désintérêt pour la vie politique, la défiance à l’égard des institutions et des responsables politiques et le repli sur soi menacent les démocraties du monde entier. Le programme COCOR consiste à trouver les moyens de réintroduire les citoyens dans le processus de la décision politique. Il suggère pour cela de les imposer parmi les acteurs essentiels de la fabrication des statistiques publiques et privées, qui sont des outils majeurs de toute décision. Trois anciens territoires d’Afrique Sub-Saharienne anciennement sous « domination française », le Cameroun, Madagascar et le Sénégal, ont été choisis comme partenaires et comme terrains d’études. La contribution des statistiques au développement de ces démocraties, à la cohésion sociale et à l’intégration politique des citoyens ainsi que ses limites seront étudiées à partir d’expériences concrètes et en croisant les échelles. Un inventaire des conditions nécessaires pour mettre les statistiques au service des collectivités sera établi pour poser les jalons d’une profonde réforme qui permette aux individus de ne plus être « agis » par les nombres, ni par les décisions politiques, mais d’en devenir les acteurs. Au terme des 18 mois de réflexion collective le consortium se tournera vers l’UNESCO pour déposer un programme sélectif et ambitieux, UNITWIN (https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000380998_fre), qui permette de pérenniser les liens établis et d’approfondir les contours de la réforme envisagée.

Représentations quantifiée des faits, les statistiques participent à la formation des États (Desrosières, 1997 ; Foucault, 2004 : Supiot 2015) et se déploient au-delà de la sphère étatique (Martin, 2020). Le bilan de leur contribution à la construction de trois démocraties d’Afrique Sub-Saharienne (Cameroun, Sénégal et Madagascar) reste à faire. La démarche critique (Desrosières 2008, 1993 ; Porter 1995) permet d’analyser les effets de la colonisation (Gervais, 1983), du remplacement brutal des chiffres et des mesures traditionnels par ceux des colons, puis les difficultés des jeunes nations à affirmer leur indépendance technique (Etemad, 2012 ; Bandeira & Costa 2015). Elle permet aussi de comprendre le discrédit des statistiques actuelles, jugées « pauvres » (Jerven 2013 ; Labrousse 2016), fausses, trompeuses ou manipulées (Cogneau, 2016), fondatrices de hiérarchies arbitraires et de mises en concurrence entre individus (Bruno & alii, 2014). Les causes et les effets de ce discrédit, témoin d’une profonde désaffection pour la « sphère publique » et qui participe à la concentration de l’expertise statistique, seront recherchés dans l’histoire. Le projet COCOR entend comprendre ce divorce entre statistiques et populations en partant de la situation pré coloniale, des croyances attachées aux chiffres et de leur rôle et place dans les sociétés traditionnelles et en analysant leurs influences sur les statistiques coloniales et post coloniales. La prise en compte des attentes des populations à l’égard des chiffres conduira à une réflexion collective sur les liens entre statistiques et démocraties (Berns, 2009). Elle permettra aussi de chercher des solutions pour que les citoyens se (ré)approprient les statistiques. Les témoignages sur les expériences des acteurs, enquêtés et enquêteurs, « objets » des enquêtes, « victimes » (invisibilisées ou déclassées par les classifications) ou commanditaires (gouvernants, associations, ONG, etc.) conduiront à définir les termes de la conciliation. L’analyse d’expériences de statistiques participatives, menées sur le terrain et à une échelle réduite, montrera comment les citoyens peuvent reprendre l’initiative et comment les statistiques peuvent renforcer la cohésion sociale, l’intégration politique et la démocratie au lieu d’accompagner (d’accélérer ?) son délitement.

Le projet entend provoquer une réflexion collective sur les moyens d’impliquer individuellement ou collectivement les personnes « mises en statistiques » et celles qui utilisent ces statistiques dans l’organisation des enquêtes et des recensements, dans la définition de leurs objectifs, dans la rédaction des questionnaires, dans l’interprétation des résultats et dans les décisions qui en découlent. Il s’agit de trouver comment (re)donner l’initiative et la parole aux citoyens, les (ré)introduire dans le débat et en (re)faire des acteurs de la vie politique et sociale à différentes échelles territoriales. Il s’agit de transformer les opérations statistiques pour qu’elles ne partent plus « d’en haut » (conception, organisation, interprétation et diffusion) au service de quelques commanditaires (détenteurs du pouvoir politique et économique) mais qu’elles soient menées par « le bas » et mises au service de l’ensemble. L’histoire de quelques statistiques, qui gagneraient particulièrement à impliquer davantage leurs « sujets » (statistiques démographiques et statistiques de genre pour mieux comprendre les inégalités ; statistiques de l’aménagement des territoires pour une meilleure connaissance de la répartition des terres ; statistiques du niveau de vie et de la santé pour mieux connaitre les situations effectives des travailleurs ou des malades, etc.) permettra de réfléchir collectivement aux moyens de renforcer leur représentativité, de les rendre plus légitimes aux yeux du public et plus pertinentes. L’étude de statistiques participatives, d’expériences d’enquêtes « par le bas », aux périmètres plus modestes et qui sont souvent négligées par les statistiques officielles, complétera la recherche des conditions nécessaires pour que les « sujets » et les « objets » des enquêtes soient au coeur de la conception et de l’organisation de la mesure. La collecte de la documentation et des témoignages auprès des institutions officielles et des producteurs privés de statistiques obligera deux « mondes », le monde académique des sciences humaines et sociales et celui des professionnels du chiffre, à collaborer, ce qui est essentiel pour la démocratie. COCOR permettra aussi d’approfondir les connaissances des trois démocraties retenues et de répondre à quelques questions pendantes : comment les nouvelles autorités de ces pays se sont-elles emparées des statistiques ?

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Chaire Will International -> 01/09/2023–28/08/2027

Responsables : Christopher Fletcher, Élodie Lecuppre-Desjardin

CROSSPOINT investigates the role of Cross-Border Metropolitan Regions (CBMRs) in public policies and tackling inequalities.
CROSSPOINT tackles two Research Objectives: 
        1. Boost the scientific knowledge on the political, social and cultural challenges of the Eurometropolis Lille-Kortrijk-Tournai region by benchmarking it in a European context (RO 1)
        2. Identify success factors for establishing coherent CBMRs capable of coordinating urban policies and fighting inequalities (RO 2)

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ANR -> 2025-2029

Coordinateur du projet : Adrien Bayard (CREHS, UArtois)
Responsable lillois : Charles Mériaux (HARTIS, ULille) 

Le projet se concentre sur l'étude des monastères - masculins et féminins - fondés, au haut Moyen Âge, par le pouvoir royal, dans le nord de la Gaule (approximativement le duché de Dentelin du VIIe siècle), dans un contexte d'approfondissement de la christianisation des populations rurales et de la création de nouvelles formes de contrôle politique et religieux. Il vise à analyser l'organisation spatiale de ces monastères royaux, chacun pour partie voué à la clôture et la spiritualité, pour partie ouvert sur l'extérieur à des fins sociales, économiques et culturelles, ce qui en fait des lieux de vie et de production, à l'intérieur et autour de l'espace monastique. Il s'agit de comprendre les choix et modèles de ces fondations privilégiées, de s'interroger sur leur diffusion dans d'autres espaces européens et de questionner le rôle des bourgs monastiques autour de ces établissements dans le renouveau urbain dans le nord de la Gaule dès la fin époque carolingienne. Le projet entend (ré)étudier 14 sites identifiés, en croisant les données des textes, de l'iconographie, des fouilles archéologiques et des techniques non invasives (LIDAR, relevés électromagnétiques, ground penetrating radar - GPR).
L’équipe, coordonnée par Adrien Bayard, est donc pluridisciplinaire et regroupe notamment des altomédiévistes, issus de quatre des universités régionales (Arras, Lille, Amiens et Valenciennes). Elle est composée de deux archéologues (Adrien Bayard et Mathieu Béghin), une historienne de l’art spécialisée dans l’étude de l’architecture (Sara Nardi Combescure), trois historiens des textes étudiant respectivement les collections de manuscrits (François Bougard), les saints et sanctuaires (Charles Mériaux) et les interactions entre genre et âge (Emmanuelle Santinelli-Foltz), ainsi qu’un épigraphe (Daniele Ferraiuolo). Ce groupe de travail collaborera également avec des chercheurs travaillant pour différents types d’établissements publics : universités, CNRS et services d’archéologie préventive des collectivités territoriales.

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ANR -> 1/01/2023–31/03/2027

Coordinateur du projet : Bruno MIROUX (IBPC, CNRS)
Partenaires :  G. Baradji, C. Condon, D. Dosso, D. Guthleben, P. Verschueren (IBPC-Institut de biologie-physico-chimique, CNRS)
                       V. Fonteneau, A.-S. Rozay, G. Lambert, M. Cléry (EST-Études sur les Sciences et les Techniques, UPSaclay)
                       G. Galvez-Behar, K. Bertrams, P. Prevost-Marcilhacy, M. de Oliveira, V. Mériaux (HARTIS, ULille) 

Grâce à une analyse collective et transversale, l’objectif de FONDASCIENCE est d’étudier, sur la période de 1910 à 1956, le rôle des fondations philanthropiques dans le développement de la recherche scientifique, par l’exploitation d’archives jusqu’à présent peu questionnées ou même totalement inédites. L’hypothèse de départ est que la structuration de la recherche publique française actuelle est née de l’association étroite entre quelques fondations/fonds/associations et une poignée de savants influents…

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ANR -> 1/10/2023–31/12/2027

Responsable : Marie Derrien

Le projet PSYGNAL repose sur l’étude des signalements adressés à la Préfecture de police à Paris en 1939 et 1980 au sujet de personnes suspectées de souffrir de troubles mentaux. Ces signalements débouchent très rarement sur des internements immédiats mais une surveillance policière ainsi qu’un suivi médical et social sont la plupart du temps mis en place afin de pouvoir provoquer une hospitalisation si cela devenait nécessaire. À travers cette procédure méconnue, des administrateurs de la Préfecture, des policiers, des médecins, des travailleurs sociaux et des citoyens déterminent où commencent la folie, le trouble à l’ordre public, la mise en danger de soi ou des autres. Que faire, par exemple, dans le cas de Blanche E., âgée de 83 ans en 1951, que ses voisins pensent « folle » parce qu’elle vit seule dans un appartement où elle accumule les détritus et insulte tous ceux qui lui adressent la parole ? Dans celui d’Alice R. qui inonde en 1955 diverses personnalités de lettres dénonçant les sévices dont elle fait l’objet puisque « visiblement [elle] ne jouit pas de la plénitude de ses facultés mentales » mais qu’« apparemment calme, elle ne semble pas présenter un danger pour elle-même pour autrui » ? Quelles mesures prendre pour Félix T. qui, le 31 janvier 1968, jette un poste de télévision depuis le premier étage de la Tour Eiffel pour protester contre l’introduction de la publicité sur le petit écran ? Ou encore pour André V., qui frappe son épouse et que le commissaire du quartier déclare « cinglé » dans le rapport qu’il rédige en 1976 ?

Ces questions sont au cœur du projet PSYGNAL qui s’appuie, pour y répondre, sur des sources qui n’ont encore jamais été exploitées. L’ensemble des cas qui viennent d’être mentionnés est tiré de dossiers nominatifs de signalement pour troubles mentaux produits par le bureau d’Hygiène mentale de la Préfecture de police à Paris. Pour chacun de ces individus, l’internement n’est pas la solution retenue mais de multiples expertises sont confrontées afin de décider de la mise en place d’un suivi administratif, policier, social et médical. Récemment confiés aux archives pour la période qui va de 1939 à 1980, ces dossiers font sortir l’histoire de la folie des murs de l’institution psychiatrique : ils permettent de saisir ce qui se joue pour les individus qui n’y entrent pas, bien que leur état mental soit mis en cause. Grâce à ce matériau exceptionnel, PSYGNAL vise à renouveler en profondeur l’histoire de l’écart à la norme, de la maladie mentale, de la police et relations sociales dans la seconde moitié du XXe siècle.

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LAI ULille –> 2023-2026

Responsable : Béatrice Touchelay

Le projet consiste à susciter un regard critique sur les chiffres, qui, « bons » ou « mauvais », existent en très grand nombre et méritent d’être analysés pour nous informer des intentions de leurs commanditaires, du contexte et des conditions de leur production, de leurs auteurs et des ressources qu’ils ont mobilisées, de leurs usages très variés et de leur réception. Il s’agit d'acérer les regards des historiens et des futurs historiens sur les statistiques qu’ils utilisent, de les inviter à les « décortiquer » en mobilisant l’analyse critique pour savoir ce que ces chiffres, les classements et les catégories qu’ils génèrent nous apprennent des sociétés coloniales et postcoloniales d’Afrique francophone, de leurs rapports avec la métropole et de ses héritages.
La recherche prolonge les développements de l’histoire des statistiques des années 1990 qui, à travers les travaux de Theodore Porter en 1995 ou d’Alain Desrosières en 1993 et 2008 et d’autres ont établi la socio-histoire de la quantification. Elle entend contribuer à l’analyse de l’emprise des chiffres sur les sociétés contemporaines et à celle des conséquences de cette emprise pour clarifier les relations entre statistiques et pouvoirs politiques et économiques. Il s’agit d’aborder les statistiques non pas comme de simples techniques, ou à travers les institutions qui les produisent, mais comme des éléments structurants des organisations et sociétés qui les fabriquent et qu’elles influencent en retour. L’approche critique des statistiques et de leurs classifications dont nous nous réclamons permet d’éclairer la manière dont les sociétés sont ordonnées, les formes de légitimation des producteurs de ces chiffres, les moyens dont ils disposent, et les usages des chiffres.

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INSPE Lille-HdF -> 1er janvier 2025–31 décembre 2026

Responsables : Jean-François Condette, Stéphane Lembré

 Le cadrage national du recrutement et de la formation des enseignant.e.s en France est désormais bien connu par les travaux déjà réalisés (voir bibliographie). L’objectif du projet est de voir comment ces réformes successives s’ancrent sur le territoire du Nord et du Pas-de-Calais, en faisant le choix de l’académie de Lille actuelle prioritairement. Trois axes sont priorisés pour 2025 et 2026 : l’évolution de la formation des enseignantes du primaire et du secondaire dans l’académie de Lille : regards croisés sur les institutions publiques et privées (XIXe-XXe siècles) ; l’ENNA de Lille au prisme de son recrutement (1967-1991) ; cinquante ans de recrutement et de formation des enseignant-es-s du secondaire de l’enseignement général au sein de l’académie de Lille (1950-2000). Ces trois axes donneront lieu à des manifestations mutualisées (journées d’études et colloques, ouvrage final). Une attention particulière sera accordée aux caractéristiques sociales de ces enseignants et enseignantes septentrionaux aux et aux modalités concrètes de leur formation professionnelle.

Projet de soutien à l'internationalisation-UdL -> 2017-2018 ; Interreg -> 01/01/2019–31/12/2027

Responsable : Thomas Beaufils

La problématique générale part du constat, sans cesse réitéré, de la difficile insertion des PME sur les marchés transfrontaliers et questionne, parmi les barrières intangibles limitant l’accès aux échanges et l’intégration commerciale, le rôle joué par les obstacles culturels et linguistiques. Ce faisant, elle se propose de réactiver des démarches déjà initiées par la Commission européenne au cours de deux enquêtes : l’enquête ELAN, évaluant l’incidence du manque de compétences linguistiques sur la compétitivité des PME européennes, et l’enquête PIMLICO, aboutissant à l’élaboration des composantes d’une stratégie linguistique capable de renforcer l’avantage concurrentiel des firmes.
Ce projet s’inscrit dans le Programme de Coopération porté par la Stratégie Interreg France-Wallonie-Vlaanderen 2014-2020. Il vise à constituer un rapprochement et une collaboration entre des enseignants-chercheurs de l’Université de Lille et de la HoGent, Haute Ecole de Gand, en vue de répondre au troisième appel Interreg qui sera lancé au printemps 2017. Le thème privilégié s’insère dans l’axe 2 de la Stratégie : accroître la compétitivité transfrontalière, avec pour objectif : créer, valoriser et mutualiser conjointement des dispositifs de développement et d’accompagnement des PME à l’accès aux marchés.
Dans le contexte régional, il s’agira d’apporter des éléments novateurs pour aider à la compétitivité des PME et de convoquer les connaissances linguistiques et interculturelles au service de la Stratégie Europe 2020. En effet, ces compétences sont rarement désignées comme facteurs de compétitivité par les entreprises, faute de sensibilisation et aussi de moyens, alors que sur le terrain scientifique elles sont jugées suffisamment opérationnelles pour attirer l’intérêt des économistes et des gestionnaires. Le périmètre des PME étudiées pourra comprendre des entreprises spécialisées dans la production de biens matériels tout aussi bien que dans la production  de services : entreprises patrimoniales, tourisme, innovations technologiques…
Le projet s’articulera en 3 phases principales : mener une enquête auprès des PME transfrontalières, développer un instrument d’audit linguistique et culturel, proposer un plan d’action en matière de gestion linguistique et culturelle. À ces phases, sera associée la construction d’outils pouvant prendre la forme de logiciel en ligne pour l’audit linguistique et la mise en place d’un site internet, servant de référentiel pour la définition des plans d’action, de manière à aider les entreprises à évaluer leurs besoins et à construire une stratégie adaptée en association avec leur projet de développement international.
Afin d’optimiser la valeur du projet au regard de ses retombées régionales, on sollicitera la coopération de la CCI International Nord de France, des pôles de compétitivité régionaux, du réseau J’innove, la Plaine-Images (Tourcoing), EuraTechnologies, la Métropole Européenne de Lille (MEL) ; des partenariats Université-entreprises dont celui développé par l’UFR des Langues Étrangères Appliquées (LEA) de manière à cibler les secteurs désignés comme étant les plus pertinents. Il serait également utile de consulter les services économiques des ambassades, ainsi que des opérateurs d’Etat tels que AtoutFrance et BusinessFrance et des élus locaux ainsi les acteurs économiques belges tels que par exemple la province de Flandre occidentale (cf. réseau « Ambassadeurs. Het zit in ons »)

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Sinergia FNSuisse -> 1/09/2024–31/08/2028

• Leading team (DIR): Estelle Doudet, Élodie Lecuppre-Desjardin (HARTIS), Jan Blanc, Thalia Brero
• Associated partners (PART): Daniela Solfaroli Camillocci, Frédéric Tinguely, Gabriele Balbi, Jonathan Dumont, Jean-Marie Fournier, Koenraad Jonckheere, Lotte Jensen, Mathieu Caesar (MC), Nicole Hochner, Olivier Richard-Trauffer, Pierre Monnet, Regula Schmid Keeling

Ce projet de recherche explore la manière dont le concept de « présent » a été perçu et vécu en Europe du Nord-Ouest durant la période allant du Moyen Âge à la première modernité. Cet espace géographique, qui englobe les Pays-Bas, l’ouest de l’Empire germanique, le nord de la France et le sud de l’Angleterre, a connu durant cette période d’importants changements, aussi bien dans les domaines de la politique, de l’économie, de la religion, que dans celui de l’art…

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