Pôle transversal — Humanités numériques
Responsables : Mathieu Beaud, Alexy Duvaut-Robine (SRA-DRAC HdF)
La constitution de ce pôle répond à la nécessité de rassembler les activités manifestées par les chercheuses et chercheurs dans la plupart des domaines des humanités numériques présentes dans le paysage scientifique français, tout en affichant une singularité forte dans le domaine de l’imagerie. La représentation équilibrée des disciplines (histoire, archéologie, littérature et histoire de l’art) est en mesure de produire une réflexion épistémologique sur les modalités et les effets de la greffe entre nos disciplines et les technologies de l’informatique, car cet axe ne vise pas seulement à la mise en commun d’outils ou de pratiques, mais à la mise en commun de méthodes et de leurs fondements épistémologiques, clé d’une dynamique d’interdisciplinarité.
Axe 1 : Imagerie, modélisation et visualisation
Plusieurs projets exploratoires s’engagent sur le champ de la modélisation 3D et de ses potentialités dans les pratiques scientifiques (photogrammétrie et lasergrammétrie). Cette dynamique s’observe parmi les membres historiens de l’art de l’IRHiS et dans la solide expérience en photogrammétrie 3D et en imagerie scientifique appliquée à l’archéologie dont fait preuve HALMA et son Service d’Imagerie Photographique (SIPHAL). La convergence de ces orientations de la recherche et de ces formes de pratiques et d’expériences fait émerger une expertise commune et assure à l’expertise lilloise, en tant que thème fort du pôle « Humanités numériques », une place au sein des pôles de recherche dans ce domaine (UAR 3103-In Visu ; plateforme Archéovision à Bordeaux). Cette direction est d’autant plus souhaitable qu’elle est aussi assurée dans l’écosystème lillois et des Hauts-de-France par la FR SCV et la SFR Numérique & Patrimoine. Un rattachement au consortium 3DHN (consortium labellisé par l’IR* HumaNum pour la période 2024-2027) est en cours.
Axe 2 : Corpus de recherche et analyse de sources textuelles, archéologiques et iconographiques
Les chercheuses et chercheurs témoignent également d’une longue et solide expérience dans la constitution et la gestion informatisée de corpus documentaires (gestion et édition de corpus textuels, corpus d’artefacts archéologiques, corpus de documents d’archives et d’objets d’art, visualisations cartographiques des données de la recherche) : en histoire, avec l’analyse de réseau et la prosopographie (outils d’analyse de réseaux, visualisations statistiques) ; en littérature, avec des bases de données et édition de sources textuelles (Heurist, TEI-XML, analyse du discours) ; en archéologie, avec des bases de données archéologiques (données de fouilles, informations spatiales, artefacts) : SQL, Access, FileMaker, Heurist, SIG ; enfin pour la gestion de corpus de sources visuelles et d’objets d’art (et l’acquisition des données par photogrammétrie) et outillage pour la gestion de ce genre de corpus (Tropy, etc.).
Axe 3 : Standardisation, interopérabilité, gestion, archivage et ouverture des données de la recherche
L’une des réflexions communes de l’axe consiste en la définition d’une politique commune pour l’archivage des bases de données, le cas échéant leur migration, vers le logiciel open source Heurist déployé sur les serveurs de la TGIR Huma-num, et d’une évolution des pratiques pour la standardisation des bases de données des chercheuses et chercheurs. Cela est aussi sensible pour la production de données dans le cadre de la recherche doctorale, qui adopte majoritairement le format Heurist et vise ainsi une mise en ligne dans la plupart des cas, a minima sous la forme d’un site internet propulsé par Heurist. Cette réflexion concerne les données existantes et celles en cours de production et à venir, avec le développement de plus en plus courant et exigé, dans le cadre de demandes de financements, de plans de gestion de données (PGD – Data Management Plan). La dimension de la gestion des données – de leur production à la fin de leur cycle de vie – implique enfin de penser leur diffusion et leur valorisation, dans la dynamique de la Science ouverte et de l’open data.